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Syndicat FO Cermex  -  Corcelles Lès Cîteaux et Lisieux

La méthode LEAN chez CERMEX : Un régime qui fait uniquement maigrir ses résultats !

20 Octobre 2017, 04:28am

Publié par Syndicat FO Cermex

Vendredi 29 septembre 2017 a eu lieu une réunion, d'environ 3 heures, du Comité d’Établissement de Corcelles. La présence de Monsieur Christian BOCK (PDG de Cermex SAS) avait été sollicitée par les élus FO afin qu'il vienne expliquer sa vision stratégique pour l'entreprise.

La retranscription de ces débats étant volontairement tronquée, voire déformée, par le secrétaire de séance CFDT afin de nous décrédibiliser, les élus FO ont de nouveau été contraints de désapprouver le Procès Verbal du CE.

Pour preuve, lorsqu'un élu FO relate des problèmes organisationnels, le secrétaire CFDT écrit : …" P. Pychardy: avant ce n’était pas écrit mais comme il y avait des équipes dédiées sur les affaires, nous savions où nous en étions. Par exemple, pour les outillages : aujourd’hui les outillages sont lancés dès le début de la machine et nous nous retrouvons avec des containers complets qui partent à la poubelle. C’est du bon sens ? "…

Cette simple retranscription n'est pas anodine. En effet, elle sous-entend que cet élu accuse les dessinateurs des outillages de ne pas faire leur travail correctement…

En réalité, les propos tenus par cet élu, relatifs à la gestion des affaires, sont les suivants :

"Pascal Pychardy explique qu'auparavant il n'y avait pas le besoin systématique de tout écrire, des équipes étaient dédiées sur les affaires, nous savions en permanence où nous en étions. La communication se faisait naturellement entre les personnes d’un même projet et nous savions être réactifs quand il le fallait. Il prend l’exemple des outillages : Avant les outillages étaient lancés lorsque la machine était en fin de montage dans les ateliers. On attendait d’avoir reçu les échantillons définitifs du client pour essais avant de valider les outillages. Et sur les machines multi-formats on attendait de valider les essais d’un premier jeu d’outillage avant de lancer les autres en fabrication. Cela nous évitait de jeter des containers complets de pièces à la poubelle.

Le Président du CE répond qu'aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre avant de lancer les outillages. Les clients sont de plus en plus contractuels et chaque retard pris nous est facturer.

Pascal Pychardy rappelle qu'aujourd’hui, nous prenons énormément de retard à cause d’outillages faux. Donc, en finalité nous prenons quand même des pénalités. Ne vaudrait-il pas mieux dès le départ temporiser la fabrication des outillages en acceptant d'avoir des pénalités, cela nous permettrait d’avoir moins de rebut, au lieu de vouloir coûte que coûte les lancer dès le début de la conception ? Ce serait juste revenir à du bon sens."…

Rappelons que lors de la correction des PV de CE, il est impossible pour les élus FO de modifier les propos des autres intervenants et de réécrire à chaque fois les comptes rendus partiellement ou dans leur intégralité. Et pour ceux qui se demanderaient encore pourquoi les élus FO au CE de Corcelles désapprouvent systématiquement la retranscription des PV, vous trouverez la réponse dans le tract : Comptes rendus de CE : L'EXCELLENCE dans la rédaction ! du 20 Octobre 2015, disponible sur le Blog FO Cermex.

Mais revenons à l'essentiel, la discussion entre les élus FO et le PDG de Cermex SAS confirme nos inquiétudes sur les résultats du site de Corcelles. Nous expliquer que ces mauvais résultats viendraient en grande partie de réalisations défaillantes de projets pris fin 2015 / début 2016, ne nous a pas du tout rassurés.

Pour FO, l'origine de ces mauvais résultats se situerait à d'autres niveaux :

  • Les salariés, qui rencontrent de plus en plus de difficultés pour bien faire leur travail (travail en mode "pompier" pour compenser les dysfonctionnements des process). Il leur est de plus en plus difficile de faire prévaloir la qualité face aux exigences de productivité et cela s'en ressent chez les clients.
  • Les salariés, qui sont de moins en moins autonomes et participatifs dans leur travail. L'organisation nie le décalage irréductible qu’il y a entre travail prescrit (règles, procédures, normes, fiches de postes, etc.) et travail réel ; ce qui revient à considérer les salariés comme étant absolument interchangeables et n’ayant pas de subjectivité à engager pour la réalisation de leur travail.
  • Les changements organisationnels, qui s’enchaînent en permanence et se télescopent.
  • La gestion de l’activité par les indicateurs, qui ne peut pas tout maîtriser dans sa totalité. En effet, tout ne peut pas être prévisible et sous contrôle, tout ne peut pas se mesurer, il est impossible, de par ses singularités humaines, de réduire un salarié à un chiffre.
  • Le management par objectifs (système fondé sur le "chacun pour soi"), qui s'attaque aux liens collectifs en sollicitant des individualités au mépris de la configuration groupale.
  • Le management pyramidal avec un mode décisionnel "top-down", qui provoque la déresponsabilisation et bride l’autonomie des salariés.
  • L’individualisation généralisée des salaires et des évolutions salariales, qui suscite conflits et rancœurs durables (rémunération au mérite).
  • Les primes (parts variables) proposées aux salariés jugés les meilleurs, sur des critères exclusivement quantitatifs, qui exacerbent une concurrence néfaste à la bonne entente et à l’esprit d’équipe.
  • Le management, qui s’engage sur des résultats quasi inaccessibles et ceux qui en subissent les conséquences qui sont toujours ceux qui n’ont pas négocié ces engagements.
  • La réduction obsessionnelle des coûts, qui conduit par manque d'investissement à une dégradation de la qualité des équipements et des bâtiments. Toutes ces économies finissent par impacter négativement les conditions de travail.
  • La qualité des machines, qui a considérablement baissé, dégradant l'image de Cermex auprès de ses clients.
  • Le recours constant à une main-d'œuvre précaire facilement délocalisable dans les ateliers, qui est devenu la norme chez Cermex (20 intérimaires par atelier).
  • Etc.

En fait, tous les problèmes énoncés ci-avant nous ramènent à l'organisation. Nos élus ont bien essayé en vain, avec exemples à l'appui, d'interpeler le PDG de Cermex SAS sur les conséquences néfastes engendrées par cette organisation en LEAN mise en place depuis plusieurs années chez Cermex : Le LEAN fait mal au travail… et surtout aux résultats financiers de l'entreprise. Malgré notre mise en garde, le PDG ne souhaite pas abandonner le LEAN mais plutôt aller encore plus loin dans cette organisation… Comprenons bien qu'il est impossible d'abandonner cette organisation car son déploiement est total au sein du groupe SIDEL (une académie du LEAN a même été créée en son sein). Rappelons que la stratégie, comme l'organisation, restent de la responsabilité de nos dirigeants et espérons que l'actionnaire TETRA LAVAL SIDEL continuera de compenser financièrement les mauvais résultats de l'entreprise, sinon : Quel sera l'avenir de Cermex ?

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