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Syndicat FO Cermex  -  Corcelles Lès Cîteaux et Lisieux

CDI Intérimaire : vers une banalisation de la précarité !

6 Décembre 2015, 17:54pm

Publié par Syndicat FO Cermex

Lors de la deuxième réunion de négociation sur la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) du 24 novembre 2015, nos représentants FO ont fait part de leur rejet de l'utilisation abusive de toutes formes d'emplois précaires et plus particulièrement celle du nouveau CDI intérimaire.

L'association "CDI" avec "intérimaire", pourrait laisser croire à une mauvaise plaisanterie… mais ce dispositif est bien réel et a déjà commencé à se mettre en place chez Cermex : Il s’agit d’un CDI au "rabais" qui permet une flexibilité accrue pour les entreprises. Nouveau dispositif synonyme d’accroissement de la précarité et de baisse de salaire qui entraînera, à terme, une remise en cause du CDI tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Il n'est pas étonnant que lors de cette même réunion, la direction Cermex et les représentants CFDT aient plébiscité ce nouveau dispositif car il émane d’un accord national signé en juillet 2013 entre le patronat et certains syndicats dont la CFDT. Un accord qui est évidemment tout bénéfice pour le patronat. C’est l’Entreprise de Travail Temporaire (ETT) qui embauche un salarié en CDI, puis le met à disposition d’une entreprise, comme un intérimaire. Pendant le temps de la mission, ce travailleur fait le même travail comme n’importe quel embauché, mais sans bénéficier des droits des salariés de l’entreprise, de ses conventions collectives, de ses accords d'entreprise, etc. Pendant la période dite d’intermission, où le donneur d’ordres n’a plus besoin du salarié, celui-ci doit impérativement rester joignable et à disposition dans la demi-journée. Flexibilité extrême pour l’entreprise utilisatrice, ce type de mission « temporaire » pourrait durer jusqu’à trois ans !

Pour les "Ressources Humaines" de l'entreprise, ce nouveau statut est inespéré : un CDI intérimaire est à disposition, qu’il travaille ou pas ; les périodes d’intermission sont rémunérées (au smic) par l’ETT ; et le dispositif évite qu’un intérimaire qui s’est formé sur un poste n’aille travailler ailleurs dans les périodes où l’employeur n’a pas besoin de lui. Cerise sur le gâteau : l'entreprise utilisatrice n’a pas à payer ses formations, ni ses congés, qui sont pris en charge par l’ETT.

En revanche, le travailleur intérimaire, lui perd sur tous les tableaux le salaire est plus bas, puisque la prime de précarité (Indemnité de Fin de Mission + 10%) et les 10% de congés payés disparaissent. De plus, dans les périodes d’intermission il peut se voir imposer de prendre ses congés payés ou bien rester entièrement disponible, sans pouvoir accepter d’autres missions peut-être plus intéressantes. Les CDI intérimaires peuvent être contraints d’aller travailler à 50 km ou à 1h30 de route (aller).

L’agence d'intérim a également  la possibilité de baisser la rémunération d’un travailleur jusqu’à 30% du taux horaire de sa mission précédente ; si le salarié refuse cette mission il commettra une faute qui justifiera son licenciement pour cause réelle et sérieuse. Cette « descente en escaliers » ne connaît pas de plancher, comme l’a fait remarquer une organisation signataire…

Mais tout cela n’était pas encore assez pour le patronat  : lorsque ce dispositif a été intégré dans la loi sur le « dialogue social » (loi Rebsamen), l’été dernier, le Medef a exigé qu’il soit encore durci. Le gouvernement s’est bien évidement exécuté. La durée maximale d’une mission chez le même employeur a été portée à trois ans (contre 18 mois auparavant) et le délai de carence entre deux missions tout bonnement supprimé. Au final, pari gagné pour le patronat qui agrandit son "vivier", tout en rendant captive sa main d’œuvre la plus rentable.

Les CDI intérimaires embauchés chez Cermex sont donc à disposition de l'entreprise pendant trois ans, travaillent quand cela arrange celle-ci, et, le reste du temps, demeurent à disposition… "payés" par l’agence d’intérim.

La direction Cermex est prévenue, le futur accord GPEC devra inclure les moyens que l'entreprise souhaite mettre en œuvre pour diminuer le recours aux emplois précaires.

Pour notre organisation syndicale, non signataire de l'accord national de juillet 2013, les centaines d’intérimaires employés actuellement par le groupe devraient être embauchés avec de vrais CDI.

CDI Intérimaire : vers une banalisation de la précarité !

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